AECC demande un paquet automobile technologique neutre
L’industrie plaide pour une approche fondée sur le cycle de vie
L’Association for Emissions Control and Climate (AECC) a publié un document de position consacré au Automotive Package proposé par la Commission européenne. L’organisation considère qu’il s’agit d’une première étape vers une chaîne de valeur automobile européenne plus durable et compétitive, mais estime que le cadre doit être renforcé afin de soutenir l’ensemble des voies de décarbonation.
Un appel à la neutralité technologique
AECC se félicite que la Commission reconnaisse que plusieurs technologies complémentaires peuvent contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le transport routier, en parallèle de l’électromobilité. L’organisation estime toutefois que la proposition reste trop centrée sur l’électrification.
Selon AECC, la réussite de la transition dépendra de plusieurs facteurs, notamment la vitesse de renouvellement du parc automobile, l’acceptation par les consommateurs, la densité des infrastructures de recharge et l’accès aux matières premières critiques.
L’organisation plaide donc pour une approche technologique neutre, dans laquelle les objectifs climatiques sont définis au niveau politique tout en laissant aux industriels la flexibilité nécessaire pour développer différentes solutions.
Une telle approche permettrait de stimuler l’innovation dans les technologies existantes et émergentes, tout en renforçant la compétitivité de l’industrie automobile européenne.
L’importance des émissions sur l’ensemble du cycle de vie
La proposition de la Commission introduit un système de crédits liés aux carburants et à l’acier afin de prendre en compte les émissions sur l’ensemble du cycle de vie des véhicules.
Pour AECC, cette mesure constitue une première reconnaissance du rôle potentiel d’autres voies de décarbonation. L’organisation souligne cependant que les limitations proposées réduisent fortement l’impact de ce mécanisme.
Les crédits ne seraient applicables qu’après 2035 et seraient limités à 3% pour les carburants et 7% pour l’acier à faible teneur en carbone. Selon AECC, ces plafonds risquent de freiner l’innovation.
L’organisation rappelle que les carburants renouvelables permettent déjà de réduire significativement les émissions de CO2. Le projet Tour d’Europe a par exemple démontré une réduction de -77% sur une base well-to-wheel.
AECC demande donc la suppression de ces plafonds et l’application immédiate du système de crédits.
Une catégorie ZEV pour carburants renouvelables
AECC propose également la création d’une catégorie de véhicules zéro émission pour les véhicules fonctionnant exclusivement avec des e-fuels ou des biocarburants.
Selon l’organisation, une telle catégorie garantirait une cohérence réglementaire dans l’ensemble du cadre européen de décarbonation du transport.
AECC souligne que différents types de systèmes de propulsion peuvent atteindre des niveaux d’émissions comparables sur l’ensemble de leur cycle de vie lorsqu’ils utilisent de l’électricité renouvelable, de l’hydrogène vert ou des carburants durables.
Dans cette perspective, les moteurs thermiques efficaces, les hybrides rechargeables et les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie pourraient également contribuer à la réduction des émissions du transport routier.
Inquiétudes concernant Euro 7
L’association exprime également des inquiétudes concernant les propositions visant à assouplir davantage les normes d’émissions Euro 7 dans le cadre du Automotive Omnibus.
Selon AECC, une telle évolution risquerait de compromettre les progrès réalisés en matière de qualité de l’air et d’avoir des conséquences négatives pour la santé publique.
L’organisation rappelle que les technologies de contrôle des émissions les plus avancées sont déjà disponibles et que les entreprises européennes disposent des solutions nécessaires pour répondre à des normes plus ambitieuses.
Organisation industrielle européenne
L’Association for Emissions Control and Climate est une organisation internationale basée à Bruxelles qui représente des entreprises actives dans la recherche, le développement et la production de technologies de contrôle des émissions.
Parmi ses membres figurent Emitec Technologies, Johnson Matthey, NGK Europe, Umicore, Albonair, BASF ECMS et W.L. Gore. Ensemble, ces entreprises emploient environ 22.500 personnes en Europe et exploitent de nombreux sites industriels et centres de R&D dans onze pays européens.
Selon AECC, ces technologies jouent un rôle essentiel dans la réduction de la pollution et dans la transition vers une mobilité plus propre.
